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    La saison des moissons vient de se terminer à Ankerana. Grâce à la retenue d’eau et au premier aqueduc les rizières n’ont pas manqué d’eau et la récolte a été très abondante. Elle est passée de 1.5tonne/hectare à 4 tonnes/hectare.

    Les travaux pour la construction des 2 nouveaux aqueducs ont commencé.

    Les malgaches sont confinés depuis le 20 mars et le centre laïc a donc fermé. Ma, le couple de gardiens du terrain maraîcher et leurs enfants ont continué à s’occuper des cultures et ont distribué des légumes à leurs voisins.
    Depuis le 22 avril le dé-confinement a commencé pour les collégiens et lycéens, la semaine prochaine ce sera le tour des CM2 et le 4 mai les primaires.
    Ma a ré ouvert la cantine pour offrir un déjeuner aux 8 collégiens du centre.
    Elle a organisé une distribution alimentaire pour les familles des enfants du centre. Chaque famille a reçu 3 kg de riz, 1 kg de légumineuses, 1 savon et 2 masques lavables par personne.
    Elle prévoit de renouveler cette aide (alimentation et savon) toutes les semaines jusqu’au dé-confinement total.

    Début mars l’Unicef a demandé au centre s’ils pouvaient fabriquer des cache-bouches lavables. La présentation de prototypes a nécessité des va-et-vients au siège des Nations Unies et cela là a alerté Lalasoa sur les risques de pandémie à Madagascar.
    Depuis le 14 mars ( début de la fermeture de certaines liaisons aériennes à Madagascar) Lalasoa a aidé les bénévoles présents au centre à trouver des vols pour regagner leur pays ce qui a nécessité des allers et retours à l’aéroport d’Ivato et l’affichage des mesures de sécurité à l’aéroport a renforcé sa crainte pour les enfants.
    Dès le 15 mars elle a acheté du riz pour 4 mois et réussi à acheter des réserves de lait en poudre pour 2 mois pour les 15 nourrissons présents à AAA.
    Depuis le 20 mars , date à laquelle le gouvernement malgache a fermé complètement ses frontières aériennes, fermé les écoles et universités et recommandé l’application de mesures barrière, Lalasoa a pris la décision de confiner strictement le centre Akany Avoko Ambohidratrimo (AAA) et le centre Akany Avoko Bavalala ( AAB centre des garçons).
    Le personnel a eu le choix de venir habiter dans les deux centres ou de rester chez eux (payés) . Les centres sont totalement clos. Des bidons équipés en urgence de robinets ont été installés et des savons mis à disposition pour que les enfants se lavent les mains, l’épidémie et les gestes barrière ont été expliqués aux enfants.
    Le samedi 21 mars il devait y avoir « l’école des parents » (pour permettre aux parents de rendre visite à leurs enfants). Cela a été annulé et pour les parents qui n’avaient pas été prévenus (n’ont pas de téléphone) et sont venus, elle a expliqué l’épidémie, les gestes et illustré son propos par une projection d’images de l’Italie…
    Au centre impossible de respecter les distances entre les enfants et impossible de respecter les distances entre le personnel et les nourrissons dont ils s’occupent, heureusement depuis le 21 au matin plus personne ne rentre, plus personne ne sort…
    Les cultures sont prêtes à être récoltées (potirons, brèdes= toutes sortes de légumes verts à feuilles, patates douces, haricots) et les poules permettent d’avoir 35 œufs par jour.
    L’emploi du temps est très encadré: étude le matin, activités ( dont informatique) l’après midi, , à 20 h on écoute le discours du président et à 21 h c’est le culte.
    Au 9 ème jour de confinement Lalasoa confirme que les enfants vont bien et dit pouvoir tenir 2 mois.
    Elle a été d’une efficacité extraordinaire !
    Pour l’aider nous avons avancé la date du versement de l’aide alimentaire.

    Le nouveau centre fonctionne sous la houlette de Ma et Arline avec l’aide de 2 bénévoles et 2 salariées ( 1 responsable cuisine et 1 répétitrice responsable de l’encadrement des enfants qui n’ont pas cours, heures creuses …).
    Depuis la fermeture des écoles (20 mars pour une durée initiale de 15 jours) le centre laïc est fermé, les enfants sont dans leur famille.
    Ma est confinée au terrain avec le couple de gardiens et leurs 3 enfants. Ils distribuent les légumes aux voisins en prenant des précautions (masques).
    Pour la majorité des malgaches le confinement et les mesures barrière recommandés par l’état le 20 mars sont impossibles à respecter : habitations insalubres et familles nombreuses, manque d’eau pour se laver les mains, distanciation sociale illusoire sur les marchés bondés, travailleurs qui ont besoin du salaire de la journée pour manger le lendemain ou le soir même…
    Ma signale la mise à disposition de riz à prix raisonnable par l’état pour la population mais qui génère des files d’attentes compactes.

    En raison de l’insécurité les tournois de foot contre les autres villages ou les villages d’autres communes sont moins fréquents. En effet lors des vols de zébus tous les hommes de plus de 18 ans sont réquisitionnés pour partir à leur recherche (de 4 jours à 1 semaine). Une surveillance est mise en place dans les villages et s’éloigner devient risqué.
    Malgré tout, grâce aux recettes générées, les villageois ont réussi à équiper de douche et toilette la salle communautaire.
    La construction de la retenue/barrage et d’un aqueduc a permis d’irriguer plus de parcelles et de faire des cultures de contre saison. En 2020 EAT a prévu de financer 2 aqueducs supplémentaires . La difficulté que rencontrent les villageois est que du fait de l’isolement du village ils ne peuvent pas vendre leurs oignons en direct. Ils doivent passer par des collecteurs et les prix sont en forte baisse…

    Madagascar a été sévèrement impacté par un long et intense épisode pluvieux au cours de ce mois de Janvier 2020. La Grande Île a fait face aux précipitations apportées par la mousson et par les prémices de la tempête tropicale modérée Diane. Durant plusieurs jours, de fortes pluies ont affecté le Nord-Ouest, l’Ouest et le Centre de Madagascar. La pluie a provoqué des coupures de routes, des ruptures de digues et des glissement de terrain, dans certains villages de nombreuses maisons ont été littéralement submergées par les fleuves et les rivières en crue. L’état de sinistre national a été décrété.
    Le dernier bilan diffusé par le Bureau National de Gestion des Risques et Catastrophes (BNGRC) recense, au 25 Janvier, 26 décès, 15 disparus, 92 583 sinistrés et plus de 12 000 personnes déplacées.
    Ma nous a fait part du décès de la fille de son neveu lors de l’orage du 30 janvier, elle avait 42 ans. Son mari et ses 2 enfants sont hors de danger…